dimanche 27 décembre 2009

Was Israel's Gaza offensive worth it?

Today offers us an ironic conjuncture of commemorations: the fast of the 10th of the Hebrew month of Tevet and the first anniversary of Operation Cast Lead. On the day of the fast, which commemorates the Babylonian siege on Jerusalem, few Israelis are thinking about Gaza, under Israeli blockade for twice the time ancient Jerusalem was besieged. On the anniversary of the attack on Gaza, few people are doing any real soul-searching.

One way or another, the year since December 27 was a year of shame for Israel, greater shame than any other time. It is shameful to be Israeli today, much more than it was a year ago. In the final tally of the war, which was not a war but a brutal assault, Israel's international status was dealt a severe blow, in addition to Israeli indifference and public blindness to what happened in Gaza.

Even those who still believe that the attack was justified and necessary, that the firing of Qassam rockets would not have been halted except by such a cruel attack, cannot ignore the political and moral price extracted from Israel because of its violence. Its image in the world, not in the eyes of its citizens, is much uglier than a year ago.
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Today it is more shameful to be an Israeli because the world, as opposed to Israelis, saw the scenes. It saw thousands of dead and injured taken in the trunks of cars to something between a clinic and a primitive hospital in an imprisoned and weakened region one hour from flourishing Tel Aviv, a region where the helpless had nowhere to run from Israel's arsenal. The world saw schools, hospitals, flour mills and small factories mercilessly bombed and blown up. It saw clouds of white-sulphur bombs billowing over population centers, and it saw burned children.

The world refused to accept the excuses and lies of Israel's propaganda. It was not prepared to compare Sderot's suffering to Gaza's suffering; it did not agree that the sulphur mushroom clouds were for self-defense, that the killing of dozens of police on a parade ground was legitimate, that telephoned warnings for people to leave their homes cleared Israel of criminal responsibility for the bombing of those homes.

The world saw the Israeli Goliath strike mercilessly at the Palestinian David. It saw the balance of killing: one Israeli to every 100 Palestinians, and the Israel Defense Forces' new and terrifying doctrine by which almost everything goes if it prevents casualties on our side. The world knew that in this case a democracy was striking a region that does not enjoy self-determination, whose inhabitants lack basic human rights - refugees and the children of refugees living under siege. So the world responded with justifiable severity toward us; it refused to forgive and be silent.

The world also saw Israel wrap itself in sick apathy despite what was happening. It saw the town squares almost empty of protesters, the cafes in Tel Aviv full of people having a good time. It even saw Israeli families who went to visit the hills around Gaza to show their children the bomb strikes. Later, it also saw that Israel was not even prepared to investigate what it had done, but rather lashed out at all its detractors.

And the world also quickly forgot. A year later, with $4.5 billion collected to rehabilitate Gaza lying in banks' basement vaults because Israel refuses to open Gaza's gates to let in supplies, the world is silent, leaving Gaza to its fate, to its ruins. But Gaza has not forgotten its wounds - it cannot forget them. The 325,000 people whose homes were destroyed, 1,300 bereaved families and thousands of injured and disabled, debilitated by anxiety and terror, remain in Gaza. Their suffering has not dissipated.

On the first anniversary of the attack, in the face of such a negative political and moral balance, Israelis must at least ask themselves if all this was worth it. But on the first anniversary, Israel is much busier with the political future of MK Eli Aflalo than its political and moral future. Shame or no shame - what counts is that we feel so good about ourselves.

vendredi 11 décembre 2009

Le désordre financier menace la reprise économique

a quasi-faillite de l'émirat de Dubaï, la grave dérive budgétaire de la Grèce, les craintes grandissantes sur la situation de l'Espagne, de l'Irlande et du Portugal, ainsi que la très mauvaise santé des pays baltes font redouter l'existence de bombes à retardement dans les comptes des Etats et les bilans des banques.

La persistance des destructions massives d'emplois aux Etats-Unis comme en France et le recul des commandes industrielles au Japon nourrissent un regain de pessimisme chez les consommateurs.

Il n'est pas étonnant que l'aversion au risque reprenne. Les marchés deviennent nerveux : le cours du baril de pétrole a reculé de 80 dollars à 71 ; en deux mois, la Bourse de Dubaï a perdu près de 25 % de sa valeur ; sur le marché de la dette, les emprunts grecs ont vu en quelques jours leur taux bondir. Pour se financer, l'Etat grec doit payer une prime de risque : elle emprunte à dix ans à un taux d'intérêt de 5,5 % contre 3,15 % pour l'Allemagne.

S'agit-il des inévitables rebondissements d'une crise historique ou des signes avant-coureurs d'une rechute de l'économie mondiale ? Les plus pessimistes y voient la preuve de la pertinence de leur thèse dite du "W", selon laquelle la reprise actuelle sera suivie d'une rechute.

L'économiste Jacques Attali fait partie de ceux-là. Selon lui, si les marchés boursiers en Europe ou aux Etats-Unis ne craquent pas, c'est grâce à la surabondance de liquidités. Les Etats et les banques centrales ont inondé le monde d'argent pour soutenir les économies mais de façon artificielle.

"Sur les marchés boursiers, les investisseurs achètent, mais savent qu'il se passe quelque chose. Ils se comportent comme des voleurs prêts à dérober ce qu'il y a dans un coffre-fort, sachant que la police va arriver", estime M. Attali.

Jusqu'ici, l'économie mondiale semblait pourtant presque tirée d'affaire. Depuis le printemps, la capitalisation boursière mondiale avait regagné la moitié de ses pertes enregistrées depuis fin 2007 ; les cours des matières premières avaient rebondi de 50 % à 100 % par rapport à l'effondrement qui suivit la faillite de Lehman Brothers.

Les unes après les autres, les grandes économies repartaient à la hausse à l'image des Etats-Unis et de l'Union européenne (UE). Aujourd'hui, le marché semble peu à peu prendre conscience de la fragilité de cette reprise. Et de sa dépendance aux aides des Etats, qui ont contribué à creuser des déficits abyssaux. En Grèce, la dette publique atteint 295 milliards d'euros, soit 120 % du produit intérieur brut (PIB). Du jamais vu. Au Japon, aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, les déficits inquiètent aussi.

"Il y a un moment où il faut que cet endettement s'arrête, que la consommation et la production repartent. Tous ces signes, la Grèce, l'Espagne, ne sont pas positifs pour le long terme", s'inquiète Gregori Volokhine, gérant chez Meeschaert à New York.

Patrick Artus, responsable de la recherche chez Natixis, juge lui aussi cette situation très bancale. Les Etats, via des réductions d'impôts ou des mesures exceptionnelles comme la prime à la casse, ont réussi à enclencher une reprise, en dopant la consommation. Ainsi, en dépit de la montée continue du chômage, " le pouvoir d'achat des ménages a progressé de 3 % en un an, dans la zone euro", calcule-t-il.

Mais après ? Selon lui, en maintenant le même niveau de dépenses publiques, souvent à la limite du soutenable, la croissance prendra inévitablement la forme d'une racine carrée, c'est-à-dire que la reprise serait suivie d'une stagnation. Il pense que les pays émergents ne suffiront pas à faire repartir la croissance, tandis que le monde occidental patinera.

La théorie de la rechute dite du W est appuyée par les données macroéconomiques : la croissance aux Etats-Unis pour le troisième trimestre, estimée d'abord à 3,5 % en rythme annualisé, a été révisée à 2,8 %. Au Japon, elle a été abaissée de 1,2 % à 0,3 %. Si les entreprises affichent des bénéfices "c'est qu'elles réduisent leurs coûts", analyse M. Artus.

"Poussée du chômage"

Nicolas Bouzou, économiste chez Astérès, considère lui aussi que les conditions d'un nouveau fléchissement sont réunies. "Depuis cet été, on confond croissance et niveau d'activité, estime-t-il. Celui-ci demeure très bas car le restockagge touche à sa fin et les excédents de capacité de production demeurent importants, ce qui explique l'absence d'investissements et la persistance des suppressions d'emplois."

Autre raison de l'atonie de la consommation : la situation financière des ménages. "La baisse des prix à la consommation touche à sa fin et leur situation financière commence à se détériorer sous l'effet de la poussée du chômage", prédit-il.

Pour autant, si le scénario d'une rechute brutale n'est pas à exclure, si la nervosité s'installe sur les marchés, "les autorités en ont pris la mesure", juge Thomas Della Casa, responsable de la recherche chez Man Investments en Suisse. Le Fonds monétaire international (FMI) a certes révisé ses prévisions à la hausse, mais ne cesse d'évoquer une reprise très fragile. "Nous avons évité la catastrophe, (...) mais ce n'est pas la grande forme ! expliquait Olivier Blanchard chef économiste du Fonds dans Le Monde du 24 novembre. Nous savons que, dans les économies avancées, la demande des investissements résidentiels ou non résidentiels demeureront faibles un certain temps."

A plusieurs reprises, le FMI a ainsi mis en garde les Etats contre un arrêt trop rapide des stimuli qui pourrait faire replonger l'économie comme cela s'était produit en 1937 aux Etats-Unis. Les banques centrales en Europe et aux Etats-Unis ont, elles, clairement fait savoir qu'il était encore trop tôt pour mettre en place des politiques monétaires plus orthodoxes et pour remonter leurs taux.

Pour l'heure, l'inflation n'est pas encore une menace, même si les excès de liquidités nourrissent diverses bulles spéculatives notamment dans les matières premières comme l'or et le cuivre, ainsi que sur certaines places boursières asiatiques comme à Taïwan et à Shanghaï.

Or, dit M. Della Casa, "pour que la croissance connaisse un "w" il faut trois facteurs : que la demande des pays émergents recule, que les grands Etats resserrent les budgets, que les banques centrales relèvent les taux d'intérêt". Autrement dit, si une rechute ou une "correction" de l'économie mondiale doit avoir lieu ce n'est peut-être pas pour tout de suite.



Article paru dans l'édition du 12.12.09

jeudi 10 décembre 2009

Tunisie : Sihem Bensedrine à Ben Ali : Partez Monsieur le Président !


le 09 Décembre, 2009 |

Monsieur le président, partez

Lettre ouverte au président Ben Ali

Monsieur le président;
Vous avez mal gouverné la Tunisie durant plus de vingt ans et vous venez de vous octroyer cinq autres années de pouvoir absolu sur nos vies et notre avenir. Votre règne reste aux yeux des Tunisiens celui de l’injustice, des atteintes à la dignité du citoyen, du népotisme, du développement de la corruption et de la dilapidation des ressources humaines et matérielles de notre pays.
La Tunisie va aujourd’hui à la dérive, menée par on ne sait quelle force occulte face à un Etat absent et marginalisé.
Vous vous êtes affranchi de cette morale tacite qui faisait qu’en Tunisie les puissants ne pouvaient pas être trop puissants et les pauvres trop misérables, générant ainsi une forte classe moyenne et faisant de la Tunisie un pays prospère et équilibré. Votre régime qui tablait sur le «consommez et taisez-vous», a rompu ce deal et permis tous les excès, plongeant de larges franges de cette classe moyenne dans le dénuement et favorisant l’enrichissement illicite de quelques bénéficiaires du clientélisme d’Etat. La rébellion du bassin minier n’est, au bout du compte, qu’une saine réaction symptomatique de ce naufrage qui n’a épargné aucun secteur de l’économie.

Cette politique prédatrice a inexorablement entaché les acquis qui faisaient la fierté des Tunisiens.
Nos universités et nos écoles qui soutenaient la concurrence avec nombre d’institutions européennes ont périclité sous l’effet du nivellement par le bas et la marginalisation des compétences insoumises.
Nos hôpitaux et structures de soins tombent en ruines et les cadres performants sont découragés.
Nos institutions républicaines ont été dévoyées et la Justice est désormais un lieu où le droit se vend et s’achète, réduite à une annexe de la police politique qui lui dicte des « injonctions ». Les juges intègres qui résistent encore à cette dégénérescence sont marginalisés et sanctionnés.
Le parlement nommé par vos services à l’issue d’une farce électorale est devenu une machine à produire des lois vidées de tout sens du droit.
Notre presse est naufragée par l’action conjuguée de la censure et de cette « presse-poubelle » qui pollue l’espace médiatique et déprave ses mœurs.
Les compétences fuient le pays comme on fuie une jungle qu’aucun droit ne régule.
Cette Tunisie qui a tant d’atouts pour figurer en bonne position dans le peloton des pays développés est aujourd’hui prise en otage par les clans qui vous entourent et son élan bridé.
Votre police tire sur tout ce qui bouge, moleste, insulte, arrête et terrorise les voix pacifiques qui tentent d’alerter sur cette dérive.

Vous êtes affaibli et la guerre pour votre succession est ouverte dans votre sérail, sans que les citoyens tunisiens n’aient la moindre idée sur comment la transition sera assurée ou si les lois de la République seront respectées. Votre épouse, introduite en contrebande dans notre paysage politique, a aujourd’hui l’ambition de diriger notre pays. C’est une perspective effrayante. Non pas que nous ne voudrions pas être dirigés par une femme – des femmes d’envergure et intègres existent dans notre pays et je serais fière de voir l’une d’elles à la tête de la Tunisie - mais votre femme a eu des comportements peu éthiques qui ne rassurent pas sur sa capacité à préserver le patrimoine public du pillage des siens. Son sens du droit et de l’intérêt public semble déficient et je doute qu’il y ait beaucoup de Tunisiens qui en veulent pour dirigeante.
Je crains que son ambition n’expose la paisible Tunisie à un cycle de violences dont personne n’est capable d’en présager l’issue.

Monsieur le président;
je ne vous félicite pas pour ce 5e mandat ; Vos services ont dû vous le rapporter, cette mascarade électorale n’a convaincu personne, pas même les troupes du RCD essoufflées et à court d’imagination. Leurs bannières vous glorifiaient comme un Dieu, mais le cœur manifestement n’y était plus. Voyez-vous monsieur, un cinquième mandat, ce n’est pas vraiment convaincant !
« A vaincre sans péril on triomphe sans gloire », disait Corneille. Il n’y a pas eu de compétition, ni d’arbitre, encore moins un scrutin où la volonté populaire était respectée contrairement à ce que vous avez dit dans votre discours d’investiture. Tout juste une mise en scène sans génie avec de faux témoins.
Vous avez clôturé votre campagne par un discours fait d’avertissements et de menaces à l’adresse de ceux qui avaient osé mettre en doute la sincérité du processus électoral. Vous avez repris ces mêmes menaces dans votre discours d’investiture où vous aviez dénié patriotisme et honneur à tous ceux qui ne vous font pas allégeance.
En sortant de votre obligation de réserve, vous avez pris le parti de vous afficher comme le président d’un clan. Vous avez déclaré la guerre à tous les Tunisiens qui vous reprochent d’avoir mal gouverné la Tunisie, dilapidé ses ressources et hypothéqué son avenir après avoir bâillonné ses medias et asservi sa Justice.

Monsieur le président;
Ces Tunisiens n’ont pas de leçons de patriotisme à recevoir des clans qui parasitent l’Etat et son administration, propageant des mœurs politiques indécentes qui insultent notre civilité et nous font honte.
Ces Tunisiens, monsieur, ont résisté durant vos 22 ans de règne absolu aux lâches attaques de votre police politique, aux représailles familiales, à la faim à laquelle vous les avez réduit, les privant de leurs droits élémentaires à une vie digne, à un toit, à un travail, à la liberté de se déplacer.
Vous avez fait tout cela en proclamant votre respect pour les droits humains et en ratifiant les conventions internationales qui les protègent. Mais vous n’avez pas réussi à les réduire au silence. Ils ont survécu à vos bulldozers et trouvé un soutien auprès des sociétés civiles algériennes, marocaines et plus largement arabes et internationales, qui ont tissé un véritable bouclier de solidarité autour d’eux. C’est ce que vous qualifiez d’« appui sur les forces étrangères »; Cela n’est pas pour vous plaire évidemment!
Vous aviez déclaré que « le vrai patriote est celui qui répugne à porter son différend avec son pays hors des frontières nationales ». Notre différend, monsieur, n’est pas avec notre pays que nous aimons si fort que nous sommes prêts à braver votre sinistre machine répressive pour le défendre. Notre différend est avec vous et votre régime qui étouffe la Tunisie et hypothèque son avenir.
Dites moi, quand avez-vous accepté de dialoguer avec vos contradicteurs ? Le seul outil de « dialogue » que vous avez consenti à manier est le bâton de vos policiers et la violence verbale de vos barbouzes de la plume. Non seulement vous avez dénié le droit à l’existence légale à toutes les ONG indépendantes, mais même les associations professionnelles qui avaient osé manifester des velléités d’indépendance ont subi des putschs et les membres des bureaux légitimes ont été persécutés, comme cela a été le cas pour les magistrats et les journalistes. Vous avez empêché la LTDH, la plus ancienne ONG de droits humains, de remplir son mandat d’observatoire vigilant du respect des droits humains.

Vous avez toujours perçu la posture citoyenne comme une attitude hostile et le devoir de vigilance propre à toute société civile comme une menace sur la pérennité de votre régime qui fonctionne dans l’opacité la plus totale couvert par la loi de l’omerta. Et vous avez certainement raison, car votre régime est perçu par nous tous comme l’ennemi de notre pays.

Monsieur le président;
Ces étrangers que vous nous accusez de chercher à introduire dans votre « forteresse » et qui menacent votre « souveraineté » ne les aviez vous pas qualifié tantôt d’amis ? La France que vous stigmatisez aujourd’hui, n’est-t-elle pas le principal soutien à votre régime ? N’est-elle pas la principale puissance européenne qui vous « protège » du devoir de rendre compte de vos manquements à vos engagements pris dans le cadre des accords d’association avec l’Union Européenne, dont vous réclamez aujourd’hui le statut avancé ?
Renierez-vous maintenant ces accords par lesquels vous êtes engagé à promouvoir l’Etat de droit et la démocratie en Tunisie et en vertu desquels vous acceptez une évaluation périodique de l’état d’avancement de cette démocratie? Lorsque le président de la France déclarait contre toute évidence que « l'espace des libertés progresse» en Tunisie, vous n’avez pas à ce moment là crié à l’ingérence ! Par contre lorsque le ministre des Affaires étrangères du même pays se dit « déçu par les arrestations de journalistes en Tunisie », les jugeant « inutiles», là vous criez à l’ingérence !
Lorsqu’un Eric Raoult (fréquemment invité par l’ATCE à effectuer des séjours dans les palaces tunisiens) se fond en flagorneries sur votre politique éclairée, il ne fait pas de l’ingérence. Mais lorsqu’une Florence Beaugé fait sereinement son travail de journaliste, elle est accusée de nostalgie colonialiste. L’apologie serait donc la bienvenue et la critique illicite !

Monsieur le président, je ne vous félicite pas;
Vous avez perdu la bataille médiatique et vous en attribuez, à juste titre, la victoire à Taoufik Ben Brik. Vous aviez cru qu’elle se gagne par vos posters géants qui envahissent nos murs et les articles commandés aux mercenaires de la plume à l’étranger. C’est ainsi que vous percevez vos élections, une simple joute médiatique !
Mais le langage de la vérité triomphe toujours, vous savez ! Vous avez entamé votre cinquième mandat en embastillant mon ami Taoufik Ben Brik et vous vous êtes vengé de lui en le détenant dans des conditions dégradantes.
Personne ne croit à ce montage juridico-policier mal ficelé où une pauvre bougre prétend avoir été agressée par Taoufik devant une école primaire où elle n’avait aucun enfant à chercher.
Si le sort des femmes violentées vous préoccupe tant, monsieur le président, vous auriez commencé par interdire à vos policiers de violenter les femmes défenseures de droits humains et surtout, vous auriez laissé votre justice poursuivre les coupables et statuer sur leurs multiples plaintes classées sans suite.
Nul n’ignore que ce sont les écrits de ce poète qui vous ont tant irrités et qui lui valent votre lettre de cachet. Dans les pays démocratiques, ce genre d’articles sont monnaie courante et ne conduisent pas en prison ; « On ne met pas Voltaire en prison » monsieur !
En agissant ainsi vous révélez la grande fragilité de votre régime caché derrière un masque en carton pâte, reconstruit chaque jour par votre agence de propagande, l’ATCE, à coup de milliards par an, pour reproduire par le verbe mensonger, une image artificielle d’un miracle économique et politique auquel vous êtes seul à croire.
Les jeunes, monsieur le président, ont voté pour votre miracle en fuyant le pays par milliers. Les plus récents, ce sont ces 4 sportifs qui ont déserté l’équipe nationale pour se réfugier au Canada portant ainsi à 140 le nombre de sportifs de haut niveau qui ont fui la Tunisie. Sans parler des dizaines de milliers qui traversent la méditerranée au péril de leur vie pour échapper à un avenir confisqué. Une véritable réussite économique, monsieur, attire plus qu’elle ne fait fuir.

Monsieur le président ;
Vous avez lâché vos cerbères sur tous ceux et celles qui sont l’honneur de ce pays. Ces barbouzes de la plume payés par l’argent public insultent, diffament à longueur de colonnes en des termes qui déshonorent la presse tunisienne et avilissent nos mœurs. Jamais nous n’avons été si bas dans la gestion de l’espace public que vous monopolisez vous et vos proches.
La fiabilité est la première qualité d’un Etat qui se respecte. Sous votre règne, le mensonge d’Etat est devenu un sport national pratiqué par nombre de vos ministres et commis. Vos policiers de la plume sont passés maîtres dans l’art du faux et de l’usage de faux. Voila maintenant qu’ils nous accusent d’être des espions d’Israël recherchés par les Palestiniens et les Libanais. Cet appel au lynchage vous discrédite. Notre honneur de défenseurs des valeurs universelles de liberté et de droits fondamentaux est intact. Les Palestiniens et les Libanais qui nous connaissent, pour avoir vérifié notre attachement à leurs justes causes sur le terrain et sous les bombes israéliennes, le savent et vous aussi vous le savez pertinemment. Cette manière d’abuser d’une cause juste pour trainer des citoyens dans la boue est indécente et témoigne du peu de cas que vous faites de cette cause.
Si l’un de vos barbouzes attente à notre vie, tout le monde sait que vous en serez seul tenu pour responsable.

Monsieur le président, partez;
Les Tunisiens n’espèrent plus rien de vous, sinon votre départ et celui des clans qui vous entourent.

J’en appelle à la conscience citoyenne des responsables politiques intègres ;
J’en appelle à la conscience citoyenne des cadres intègres du RCD ;
J’en appelle à la conscience citoyenne des cadres intègres de notre administration ;
J’en appelle à la conscience citoyenne des magistrats intègres au sein de l’institution judiciaire ;
J’en appelle à la conscience citoyenne des cadres intègres dans les corps de la police et de l’armée ;
J’en appelle à la conscience citoyenne des militants des vrais partis d’opposition ;
J’en appelle à la conscience citoyenne des acteurs courageux de la société civile, femmes, syndicalistes, artistes, journalistes, défenseurs de droits humains ; à tous les démocrates et tous ceux que le devenir de notre patrie importe ;

mardi 8 décembre 2009

مصر والجزائر: اعتراف متأخر- عبد الباري عطوان


الدكتور مفيد شهاب وزير الشؤون القانونية والمجالس النيابية المصري فاجأنا، مثلما فاجأ الكثيرين، عندما اعترف يوم امس بان مشجعين مصريين كانوا وراء الاعتداء الذي تعرضت له حافلة كانت تقل لاعبي فريق الجزائر لكرة القدم قبيل مباراتهم مع نظرائهم المصريين على استاد القاهرة، للتأهل للتصفيات النهائية لكأس العالم الصيف المقبل في جنوب افريقيا.
هذا الاعتراف 'المتأخر'، الذي نقلته وكالة انباء الشرق الاوسط الرسمية، وادلى به اثناء مخاطبته اجتماعا للحزب الوطني الحاكم، جاء ردا على محطات تلفزة مصرية 'خاصة' اصرّت على ان لاعبي المنتخب الجزائري هم الذين قاموا بالاعتداء على الحافلة، وحطموا نوافذها من الداخل، وشجّوا رؤوس زملائهم بقضيب حديدي كان في حوزتهم لحث الاتحاد الدولي لكرة القدم على الغاء المباراة، او نقلها الى عاصمة اخرى، وهي رواية صدقها الكثيرون للأسف.
الدكتور شهاب، الذي اعرفه شخصيا حيث كنت احد تلاميذه، ودرست على يديه مادة المنظمات والقوانين الدولية، لم يتردد في توجيه اللوم الى الدور الذي لعبه الاعلام المصري في الأزمة مع الجزائر، وخطورته. واشار باصبع الاتهام الى قنوات تلفزيونية خاصة، مؤكدا ان العلاقات الدولية لا تحكمها الانفعالات، وان المصالح ابقى من العواطف.
هذه خطوة جيدة، تعكس توجها تصالحيا من قبل الحكومة المصرية لطي صفحة الخلاف مع الجزائر، واعادة الامور الى سيرتها الاولى، ولو بشكل تدريجي، الامر الذي يتطلب توجها مماثلا من الحكومة الجزائرية، او هكذا نأمل، لان استمرار التوتر في العلاقات لا يخدم الا ذوي النوايا السيئة في البلدين.
السؤال الذي يطرح نفسه بقوة هو عن صمت الدكتور شهاب، والعديد من المسؤولين المصريين الآخرين، طوال فترة الأزمة، وتجنبهم ذكر كل هذه الحقائق، حيث مارس بعض قنوات هذا الاعلام الخاص، المعزز بكتيبة من الفنانين ومقدمي البرامج المشهورين، كل انواع الكذب والدجل، والتحريض ضد شعب شقيق، بل وضد روابط الدم والعقيدة والتاريخ التي تربط مصر بأشقائها العرب والمسلمين.
فظهور مسؤول مصري كبير في وزن الدكتور شهاب على شاشات التلفزة في ذروة الأزمة ساردا الحقائق، ومطالبا بلجم 'حالة السّعار' التي سادت قنوات تلفزيونية معينة، وبعض الوجوه الحاقدة على العرب والمسلمين، كان سيؤدي حتما الى التهدئة، وتجنب الكثير من الخسائر، ان لم يؤد الى منعها، وقطع الطريق على هذه الجوقة، والاضرار التي الحقتها بمصر ومصالحها، وعلاقاتها مع اقرب اشقائها.
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بعض القنوات التلفزيونية المصرية، بل وبعض مقدمي البرامج فيها بشكل اصح، ينفذون، ونقولها بأسف، اجندات خاصة، ليست لها علاقة بمصر ومصالح شعبها، ويفتقرون الى الحد الادنى من الثقافة السياسية، وفهم طبيعة العلاقات الدولية، وكل رصيدهم محصور في توجيه معلقات من الشتائم لخصومهم، او خصوم من يقفون خلفهم، الذين يحركونهم عن بعد بالروموت كونترول، هؤلاء الذين نهبوا ثروات الشعب المصري وعرقه، واقاموا دولة داخل الدولة.
ولا بد من التسجيل هنا، بانه مقابل هذه الحفنة الحاقدة في الاعلام المصري، ونعترف بانها حفنة مؤثرة، هناك مخزون كبير من العقلاء في صحف ومحطات تلفزة مصرية، كانوا صوت العقل، بابرازهم الوجه المشرق والمسؤول لمصر وهويتها الوطنية العربية والاسلامية.
نعم.. بعض اوساط الاعلام الجزائرية خرجت عن الاصول، وتطاولت على الشعب المصري، وحرضت ضده بطرق بشعة، وروجت لاكذوبة تعرض بعض المشجعين الجزائريين للقتل في القاهرة، ولكن هذه الاوساط الاعلامية الجزائرية محدودة التأثير، ولا تقارن مطلقا بالمدافع الاعلامية المصرية الثقيلة في المقابل، التي جيشت كتائب وفرقا من الفنانين المعروفين، لنفث السموم وحفر جروح غائرة في نفوس الاشقاء الجزائريين، مثل قول احدهم 'انها ليست ثورة المليون شهيد.. بل المليون لقيط'، وهي كلمات معيبة لا يمكن الا ان تمثل قائلها ومستواه الاخلاقي، المتدني، وليس الشعب المصري الاصيل المعطاء الذي عانقت دماؤه دماء اشقائه الجزائريين اثناء حرب التحرير، وقدم آلاف الشهداء في خدمة قضايا امته وعقيدته.
هذا الاعلام نفسه يخوض حاليا حملات تشويه، وان كانت اقل حدة لانها في بداياتها، ضد الدكتور محمد البرادعي الرئيس السابق للوكالة الدولية للطاقة الذرية، لانه 'فكر'، مجرد 'التفكير'، بالترشح لمنصب الرئاسة في الانتخابات المقبلة منافسا للرئيس مبارك او نجله جمال.
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مشكلة الدكتور البرادعي من وجهة نظر المجموعة المهيمنة على معظم اوساط الاعلام الخاص، وجميع صحف الدولة وتلفزيوناتها، انه رجل مؤهل، يحظى بسمعة دولية، وقرر ان يوظف خبراته العلمية والادارية في خدمة بلاده.
الدكتور البرادعي ارتكب خطيئة كبرى عندما دخل 'المنطقة المحرّمة' على جميع ابناء الشعب المصري، باستثناء الرئيس مبارك ونسله، ولمّح، مجرد التلميح، الى نواياه بدخول المعترك السياسي ولكن بشروط. الامر الذي فتح عليه حملة تحريض 'مدبرّة' يقودها بلطجية اعلام رجال الاعمال المرتبطين بالمؤسسة الحاكمة في البلاد، والمتحالفين مع لجنة السادات، ويتمتعون بعضوية الحزب الحاكم ودعمه.
قالوا انه يحمل جنسية اجنبية، وعندما تبين لهم عكس ذلك، اشاروا الى انه يفتقر الى التجربة السياسية والحزبية، التي تؤهله لتولي منصب رئيس الدولة، مثله مثل علماء اجلاء كأحمد زويل، وفاروق الباز وغيرهما. فجائرة نوبل تتواضع امام جائزة الرئاسة.
فإذا كان الدكتور البرادعي يفتقر الى الخبرة السياسية، وهو الذي تعامل مع اكثر القضايا السياسية العالمية خطرا وتعقيدا، مثل الملفين النوويين الايراني والكوري الشمالي وقبلهما العراقي، وقابل وتعامل مع جميع زعماء العالم الفاعلين والمؤثرين مثل جورج بوش الابن وباراك اوباما (امريكا)، وانجيلا ميركل (المانيا)، وغوردون براون (بريطانيا)، ونيكولاي ساركوزي (فرنسا) وديمتري ميدفيدف وفلاديمير بوتين (روسيا)، فمن هم الزعماء العالميون الذين قابلهم السيد جمال مبارك، وما هي المنظمات الدولية التي تولى زعامتها، والملفات الخطيرة التي تولى ادارة ازماتها؟
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ربطنا بين التحريض الاعلامي ضد الشعب الجزائري والدكتور البرادعي ليس من قبيل الصدفة، لان القصد من وراء هذا التحريض واضح، وهو مسألة الوراثة، وكيفية تسهيل تمريرها بأقصر الطرق واكثرها سلامة.
فالذين صعّدوا ضد الجزائر ارادوا ان يوظفوا النصر الكروي في خدمة هذه المحصلة في حال انجازه، وهذا ما يفسر تصدر نجلي الرئيس المشجعين في المباراتين الحاسمتين في القاهرة والخرطوم، او افتعال ازمة مع الجزائر لتحويل الانظار عن مشاكل مصر الداخلية المتفاقمة، بتصديرها الى عدو خارجي، وهذا ما حدث.
والذين يصعّدون حاليا حملاتهم ضد الدكتور البرادعي، ونحن لسنا من اصدقائه او مريديه على اي حال، يجدون انفسهم امام 'بلدوزر' تتمثل فيه كل الصفات التي تؤهله للمنافسة من موقع قوة، على منصب الرئاسة في حال ما قرر خوضها.
مصر وباختصار شديد، امام مخاض حقيقي، بدأت ارهاصاته بارتباك اجهزة اعلام الحكم وحوارييه في افتعال ازمات، وقطع علاقات مع معظم الدول العربية، وحالة الحراك السياسي التي بدأت تتفاعل قبل الازمة الكروية الاخيرة مع الجزائر، واطلق رصاصتها الاولى السيد محمد حسنين هيكل، بمطالبته بمجلس امناء يحكم مصر، لفترة مؤتقة، ويشرف على انتخابات رئاسية نزيهة، واطلق رصاصتها الثانية السيد عمرو موسى عندما لم يستبعد نزوله الى حلبة المنافسة في اي انتخابات رئاسية مقبلة، ولكن قنبلة الدكتور البرادعي التي انعكست في بيانه الاخير، واستعداده المشروط لخوض معترك الرئاسة، 'جبّت' كل ما قبلها، ووضعت مصر امام عملية التغيير، وهي قادمة لا محالة.