vendredi 22 octobre 2010

La retraite, agonie d'un mythe français

LEMONDE | 20.10.10 | 14h10 • Mis à jour le 21.10.10 | 09h44

Comment saisir le sens de la mobilisation de grande ampleur autour de la réforme des retraites voulue par l'actuel gouvernement ? Pourquoi cette réforme, probablement nécessaire, soulève-t-elle une opposition aussi nombreuse, confirmée par les sondages ? Notre pays n'avait rien vu de tel depuis novembre-décembre 1995. Pourquoi les lycéens eux-mêmes, qui, lorsqu'ils auront atteint l'âge de se retirer de la vie active, vivront dans un monde radicalement différent du nôtre, sont-ils entrés dans la danse ?

La France est un pays qui vit la retraite sur le mode de l'attente et de l'espoir. Tous, nous connaissons des personnes qui, encore en pleine activité, avouent "attendre la retraite". Nos concitoyens oublient facilement qu'elle est le vestibule de la mort, qu'une fois passé son âge, l'on s'efface peu à peu de l'univers des vivants, à petit feu, jusqu'à l'extinction dernière.

Ils oublient qu'elle est le temps du déclin, des maladies, des hospitalisations. Le temps d'Alzheimer. Le temps de Parkinson. Pour exalter la retraite, ils la rêvent comme un paradis et la tiennent pour l'âge d'or de l'existence.

La retraite est la grande promesse sociale qui maintient la cohérence du tissu collectif. Sous la forme de promesse, en effet, elle tisse une série d'acceptations qui empêchent une grande partie du corps social de chavirer dans la révolte ou la violence. En ce sens, elle est ce qu'était le travail pour Nietzsche, "la meilleure des polices". Quelles acceptations ? Les maux de toujours : la précarité, l'inégalité, la soumission, l'exploitation, autrement dit le travail comme malédiction. Et aussi un mal nouveau : l'érosion des progrès sociaux, qui rendaient plus agréable, plus douce, l'existence des gens ordinaires, la crise de l'Etat-providence.

Des lycéens aux retraités, un mythe traverse la société française : la retraite. Ce fil coud ensemble une grande partie de la population, n'excluant que les plus riches et les plus pauvres, et toutes les générations. Le lycéen sait bien que la société n'a plus aucune perspective enthousiasmante à lui offrir. Mais il pense qu'existe un au-delà à cette vie déchiquetée entre emplois précaires et chômage : la retraite.

Un paradis qui devrait concentrer le meilleur de la vie : le bonheur sans les soucis. Ils veulent bien alterner travail et chômage, appartements et squats, souffrir et galérer, ramer de RMI en RSA, mais que ce soit dans l'attente de ce paradis. La réforme le rend, à leurs yeux, à la fois plus éloigné et plus incertain.

Toute la vie, la retraite offre l'espoir d'une vie meilleure. Elle est le Graal dont le salariat est la quête. Elle dessine la figure d'un paradis aussi heureux qu'assuré, tout le monde étant destiné à y accéder. Elle est la période de la vie pour laquelle on forme mille projets. L'existence est fantasmée en parcours de Dante : connaître l'enfer, passer le purgatoire, puis parvenir enfin au paradis des jours heureux. La retraite est alors perçue sous l'aspect de la récompense pour avoir accepté sans flancher toute une vie "de galères".

Mythe survivant

Les citoyens perçoivent plus que ce que cette réforme dit explicitement. Elle tente courageusement de sauver la retraite par répartition, ils y voient la fin d'un monde. C'est que cette réforme joue, dans la psychologie collective, le même rôle que l'invention de la psychanalyse selon Freud, venant après Galilée et Darwin : révélant la réalité, interrompant le rêve, elle est la dernière des désillusions. Elle réduit à néant l'ultime croyance sociale issue du XXe siècle.

Chacun le comprend : la retraite, si elle réussit à être préservée, arrivera de plus en plus tard dans l'existence, sera difficile, se révélera paupérisante ; bref, elle sera à l'image de la vie laborieuse, dans la continuité avec elle. Ni la vie active ni la retraite ne seront plus jamais un long fleuve tranquille.

La croyance en la retraite est le mythe survivant aux deux désenchantements majeurs des derniers siècles. Les représentations collectives viennent, en cent cinquante ans, de connaître deux grandes pertes : le paradis transcendant, post mortem, promis par les religions en échange de la vertu, et le paradis immanent qui s'est, l'espace d'une centaine d'années, substitué à lui, promis par le marxisme.

L'agonie d'une croyance est toujours convulsive, nécessitant des rites. La réalité contraint le peuple français, sur certaines de ses croyances, à un travail de démythologisation. Paradoxalement, et à son insu, le mouvement social de cet automne accomplit ce travail.

Ainsi, les imposantes manifestations de ces derniers temps sont-elles, malgré les couleurs vives des banderoles, la gaieté des chants et des rythmes musicaux, des cortèges funèbres : ils portent à sa dernière demeure, le grenier de l'histoire, un mythe social bien français, la retraite.




Robert Redeker, philosophe

mercredi 20 octobre 2010

Don de sperme : le secret a "un effet délétère sur la santé psychologique des enfants"

LE MONDE pour Le Monde.fr | 19.10.10 | 15h40 • Mis à jour le 20.10.10 | 13h42

L'intégralité du débat avec Pauline Tiberghien, gynécologue au Centre d'assistance médicale à la procréation de Saint-Saulve et fondatrice de l'association Procréation médicalement anonyme (PMA)., mercredi 20 octobre, à 11 h .


u terme de deux ans de controverses, la révision des lois de bioéthique a été présentée, mercredi 20 octobre, en conseil des ministres, par la ministre de la santé, Roselyne Bachelot. Le projet de loi ne contient qu'une seule innovation significative : la levée de l'anonymat sur les dons de sperme et d'ovocytes.

Yoyo : Pourquoi défendez-vous la levée de l'anonymat sur les dons de gamètes ?

Je défends l'accès aux origines plus que la levée de l'anonymat. Je défends le fait que chacun doit pouvoir avoir la possibilité de savoir à qui il doit d'être en vie. Nous luttons, dans l'association Procréation médicalement anonyme (PMA), contre le dogme du secret imposé tout d'abord par le monde médical puis, à partir de 1994, par l'Etat français.

Les donneurs n'ont jamais été anonymes, il n'est pas juste ni éthique que les médecins conservent les données concernant les donneurs et ne puissent pas les divulguer aux personnes qui ressentiraient le besoin de connaître leur donneur. Le savoir sur soi ne doit pas dépendre d'autrui.

Yves : Des études ont-elles montré un impact psychologique négatif de ce secret de l'identité du donneur sur les enfants nés grâce à un don de gamètes ?

En France, aucune. Un livre en 2005 de Jean-Loup Clément, psychologue au Cecos (Centre d'études et de conservation des oeufs et du sperme) de Lyon a rapporté dix-huit témoignages et cela ne représente pas une étude scientifique.

En revanche, depuis plus de vingt ans, des psychologues et autres pédopsychiatres ont largement écrit sur les conséquences néfastes des secrets de conception. Quelques études ont été réalisées outre-Manche, et démontrent que les personnes issues d'un don de sperme ressentent un manque de confiance en la société. Ces études montrent également une certaine incapacité à se projeter dans l'avenir sans bases objectives.

Au sein de l'association PMA, nous avons réalisé un questionnaire avec Geneviève Delaisy de Parseval, psychothérapeute. Cette étude révèle un point commun entre les enfants IAD (insémination artificielle avec donneur) qui ont répondu : celui d'un manque de confiance, un sentiment d'injustice et de colère vis-à-vis de l'institution détenant les données les concernant.

Victi : Cela concerne combien d'enfants en France ?

Cinquante mille personnes en France sont officiellement nées d'un don de gamètes depuis la création du Cecos en 1973. Dans l'association PMA, 85 IAD nous ont rejoints. Certains, comme le Dr Flavigny, pédopsychiatre, nous assimilent à une "minorité bruyante". Personne ne peut prétendre que la majorité silencieuse va bien.

Ronnie begood : Sans anonymat, quel sera le statut social du donneur vis-à-vis de l'enfant qui vient de le retrouver ?

Le même qu'aujourd'hui, c'est-à-dire un homme qui n'est pas le père de l'enfant et à qui l'enfant ne doit rien. Un homme qui a fait don de son hérédité pour qu'un couple ait le bonheur de devenir parents.

La loi française est déjà très claire sur ce point : ni droits ni devoirs entre les trois parties.

Fanta : Ne peut-on pas craindre que des donneurs aient ensuite des prétentions parentales réelles s'ils sont recontactés par l'enfant né de leur don ?

A priori, les donneurs font un don altruiste. Ce problème remet en cause la motivation des donneurs, et non la loi.

Il est évident qu'en cas de possibilité d'accès aux origines, un organisme médiateur indépendant doit être mis en place (et a été mis en place dans tous les pays qui ont changé leur législation) afin de recevoir les consentements des parties, les demandes.

Un donneur doit être un donneur responsable, véritablement solidaire et citoyen. Au moment de son don, un entretien psychologique doit pouvoir détecter ce type de comportement déviant.

Gaëlle : Je suis en pleine PMA (procréation médicalement assistée) et en attente d'une FIV ICSI (fécondation in vitro avec micro-injection). Je suis donc très sensibilisée aux problèmes de fécondité (c'est mon mari qui a des problèmes, moi je suis fertile). Je me disais qu'après cette épreuve de la PMA, je voudrais participer et aider les femmes infertiles en donnant des ovocytes... Mais le retour sur l'anonymat me fait beaucoup réfléchir... et hésiter. N'avez-vous pas peur que la levée de l'anonymat n'entraîne une baisse des donneurs ?

Que la possibilité d'accès aux origines remette en cause votre motivation, c'est votre droit le plus strict. Aucun donneur n'est obligé de donner. En revanche, il est temps que les donneurs et les donneuses prennent conscience qu'un ovocyte, un spermatozoïde, voire un embryon, n'a rien à voir avec un globule rouge. En donnant un ovocyte, vous donnez à dix personnes la possibilité de venir au monde.

Nous militons pour sensibiliser les donneurs au fait que recevoir est aussi important que transmettre.

Viviane : Dans les pays qui ont levé cet anonymat, les dons sont-ils en hausse, en baisse, stables ?

Les chiffres du HFEA (équivalent de l'Agence de la biomédecine au Royaume-Uni) sont les suivants : 1992 : 346 donneurs de sperme ; 2000 : 312 donneurs ; 2005 (levée de l'anonymat) : 251 donneurs ; 2008 : 396 donneurs. Donc plus qu'avant le changement législatif. En Suisse et en Suède, le nombre de donneurs répond à la demande des couples. C'est le comportement et le profil des donneurs qui ont changé. Dans tous ces pays qui permettent aux enfants d'accéder à leurs origines, les donneurs sont un peu plus âgés, plus responsables, plus réfléchis. Ils font bien la part des choses entre être parents et être géniteurs et comprennent que les enfants issus de leurs dons vont peut-être avoir un jour le besoin de s'inscrire dans une histoire humaine réelle.

Caroline : Cette loi sera-t-elle rétroactive ?

Il n'a jamais été prévu qu'elle soit rétroactive. On ne peut demander aux anciens donneurs, bien évidemment, de révéler obligatoirement leur identité aujourd'hui.

Le projet de loi initial prévoyait qu'on puisse éventuellement poser la question suivante aux anciens donneurs : "acceptez-vous, oui ou non, de lever le secret de votre identité ?" Le donneur n'aurait eu aucune obligation et aurait eu le choix de dire oui ou non. Aujourd'hui, Roselyne Bachelot, la ministre de la santé, vient d'annoncer que finalement, les donneurs ne seront pas interrogés mais pourront, sur le mode du volontariat, se faire connaître pour lever le secret de leur identité.

Régis : Ne faudrait-il pas faire porter un effort sur l'accompagnement psychologique des parents avant et après la naissance ?

Actuellement, ce point me semble sous-évalué. Le socle de toute modification législative reste, vous avez raison, le soutien aux parents. Il faut absolument aider beaucoup plus que nous ne le faisons les couples à gérer et digérer leur infertilité.

Il faut les rassurer, s'ils ont recours à un donneur, quant à leur rôle de parent à part entière. Il faut les rassurer et non plus brandir le spectre du méchant donneur, mais au contraire, remettre chacun à sa véritable place. Si les couples sont mieux aidés, sont mieux suivis, et même après le recours au don, ils n'auront plus peur et sauront dire à leur enfant comment il a été conçu. Ils pourront alors comprendre le plus naturellement du monde que leur enfant puisse avoir le besoin de connaître toutes ses racines.

Régis : Quel est le pourcentage d'enfants en France nés par IAD qui savent que leur père n'est pas leur géniteur ? Combien de parents gardent le secret ?

A priori, 80 % des IAD ignorent leur mode de conception. Il ne faut pas oublier que durant des dizaines d'années, les Cecos ont incité les parents à garder le silence. Aujourd'hui encore, certains conseillent aux parents de ne révéler le mode de conception que s'il existe un risque de "fuites".

Nous devons absolument travailler tous ensemble afin de sensibiliser les professionnels de santé pour qu'ils soient persuadés des effets délétères du secret sur la santé psychologique des enfants.

Guest : Quelle est l'opinion générale des parents d'enfants nés grâce à un don de sperme vis-à-vis de l'anonymat ?

Les parents qui ont des enfants issus d'une IAD ont beaucoup souffert. S'ils ont contacté les Cecos, c'est qu'ils étaient, par définition, en échec dans les centres d'AMP classiques. Les parents, jusqu'à aujourd'hui, n'ont pas eu le choix, l'anonymat était le système légal et obligatoire. L'anonymat était cautionné par les professionnels de santé ou par la loi. L'anonymat leur permettait donc de faire "comme si" ils avaient procréé de façon traditionnelle.

Ce secret des origines est à mon avis un piège pour tous, car même si les parents désiraient dire à leur enfant leur mode de conception, ils se retrouvaient pris au piège en ne pouvant répondre à la question suivante de leur enfant : "et qui est mon donneur ?" C'est pourquoi beaucoup de parents gardent le secret.

Inciter les parents à vivre dans le déni de leur infertilité n'est pas un service à leur rendre. Il faut les aider à assumer le don de gamètes, il faut les aider à assumer l'infertilité, et donner à leur enfant futur une possibilité d'ouvrir le dossier du géniteur. Permettre à leur enfant d'accéder à ses origines va les conduire à réaliser ce travail psychologique tellement nécessaire.

Isa : Combien de pays ont changé leur législation dans ce sens ? Lesquels ?

Une quinzaine de pays permettent aujourd'hui aux enfants issus de dons, d'une façon ou d'une autre, d'avoir accès à leurs origines. En Europe, la Suède, l'Allemagne, l'Autriche, l'Islande, la Suisse, la Norvège, les Pays-Bas, le Royaume-Uni, la Belgique et la Finlande permettent à ceux qui le demandent, dans certaines conditions, de connaître leur donneur d'hérédité. En Australie et en Nouvelle-Zélande, la loi a changé également. La France doit être le prochain...
Chat modéré par Chat modéré par Anne Chemin

mardi 5 octobre 2010

Les dix stratégies de manipulation de masses Noam Chomsky

Le linguiste nord-américain Noam Chomsky a élaboré une liste des « Dix Stratégies de Manipulation » à travers les média. Nous la reproduisons ici. Elle détaille l'éventail, depuis la stratégie de la distraction, en passant par la stratégie de la dégradation jusqu'à maintenir le public dans l'ignorance et la médiocrité.

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Image by: thelast minute

PressenzaBoston, 9/21/10PRESSENZA Boston, 21/09/10

1/ La stratégie de la distraction

Élément primordial du contrôle social, la stratégie de la diversion consiste à détourner l’attention du public des problèmes importants et des mutations décidées par les élites politiques et économiques, grâce à un déluge continuel de distractions et d’informations insignifiantes. La stratégie de la diversion est également indispensable pour empêcher le public de s’intéresser aux connaissances essentielles, dans les domaines de la science, de l’économie, de la psychologie, de la neurobiologie, et de la cybernétique. « Garder l’attention du public distraite, loin des véritables problèmes sociaux, captivée par des sujets sans importance réelle. Garder le public occupé, occupé, occupé, sans aucun temps pour penser; de retour à la ferme avec les autres animaux. » Extrait de « Armes silencieuses pour guerres tranquilles »

2/ Créer des problèmes, puis offrir des solutions

Cette méthode est aussi appelée « problème-réaction-solution ». On crée d’abord un problème, une « situation » prévue pour susciter une certaine réaction du public, afin que celui-ci soit lui-même demandeur des mesures qu’on souhaite lui faire accepter. Par exemple: laisser se développer la violence urbaine, ou organiser des attentats sanglants, afin que le public soit demandeur de lois sécuritaires au détriment de la liberté. Ou encore : créer une crise économique pour faire accepter comme un mal nécessaire le recul des droits sociaux et le démantèlement des services publics.

3/ La stratégie de la dégradation

Pour faire accepter une mesure inacceptable, il suffit de l’appliquer progressivement, en « dégradé », sur une durée de 10 ans. C’est de cette façon que des conditions socio-économiques radicalement nouvelles (néolibéralisme) ont été imposées durant les années 1980 à 1990. Chômage massif, précarité, flexibilité, délocalisations, salaires n’assurant plus un revenu décent, autant de changements qui auraient provoqué une révolution s’ils avaient été appliqués brutalement.

4/ La stratégie du différé

Une autre façon de faire accepter une décision impopulaire est de la présenter comme « douloureuse mais nécessaire », en obtenant l’accord du public dans le présent pour une application dans le futur. Il est toujours plus facile d’accepter un sacrifice futur qu’un sacrifice immédiat. D’abord parce que l’effort n’est pas à fournir tout de suite. Ensuite parce que le public a toujours tendance à espérer naïvement que « tout ira mieux demain » et que le sacrifice demandé pourra être évité. Enfin, cela laisse du temps au public pour s’habituer à l’idée du changement et l’accepter avec résignation lorsque le moment sera venu.

5/ S’adresser au public comme à des enfants en bas-âge

La plupart des publicités destinées au grand-public utilisent un discours, des arguments, des personnages, et un ton particulièrement infantilisants, souvent proche du débilitant, comme si le spectateur était un enfant en bas-age ou un handicapé mental. Plus on cherchera à tromper le spectateur, plus on adoptera un ton infantilisant. Pourquoi ? « Si on s’adresse à une personne comme si elle était âgée de 12 ans, alors, en raison de la suggestibilité, elle aura, avec une certaine probabilité, une réponse ou une réaction aussi dénuée de sens critique que celles d’une personne de 12 ans ». Extrait de « Armes silencieuses pour guerres tranquilles »

6/ Faire appel à l’émotionnel plutôt qu’à la réflexion

Faire appel à l’émotionnel est une technique classique pour court-circuiter l’analyse rationnelle, et donc le sens critique des individus. De plus, l’utilisation du registre émotionnel permet d’ouvrir la porte d’accès à l’inconscient pour y implanter des idées, des désirs, des peurs, des pulsions, ou des comportements…

7/ Maintenir le public dans l’ignorance et la bêtise

Faire en sorte que le public soit incapable de comprendre les technologies et les méthodes utilisées pour son contrôle et son esclavage. « La qualité de l’éducation donnée aux classes inférieures doit être la plus pauvre, de telle sorte que le fossé de l’ignorance qui isole les classes inférieures des classes supérieures soit et demeure incompréhensible par les classes inférieures. Extrait de « Armes silencieuses pour guerres tranquilles »

8/ Encourager le public à se complaire dans la médiocrité

Encourager le public à trouver « cool » le fait d’être bête, vulgaire, et inculte…

9/ Remplacer la révolte par la culpabilité

Faire croire à l’individu qu’il est seul responsable de son malheur, à cause de l’insuffisance de son intelligence, de ses capacités, ou de ses efforts. Ainsi, au lieu de se révolter contre le système économique, l’individu s’auto-dévalue et culpabilise, ce qui engendre un état dépressif dont l’un des effets est l’inhibition de l’action. Et sans action, pas de révolution!…

10/ Connaître les individus mieux qu’ils ne se connaissent eux-mêmes

Au cours des 50 dernières années, les progrès fulgurants de la science ont creusé un fossé croissant entre les connaissances du public et celles détenues et utilisées par les élites dirigeantes. Grâce à la biologie, la neurobiologie, et la psychologie appliquée, le « système » est parvenu à une connaissance avancée de l’être humain, à la fois physiquement et psychologiquement. Le système en est arrivé à mieux connaître l’individu moyen que celui-ci ne se connaît lui-même. Cela signifie que dans la majorité des cas, le système détient un plus grand contrôle et un plus grand pouvoir sur les individus que les individus eux-mêmes.